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Maintenant, c’est parti. On imagine un peu le truc quelque chose comme une défloraison à coup d’ avtomat pistolet, un MP-40 très allemand très Gunter et très connard. Qu’est-ce que c’est, tu veux ma paume dans ta gueule comme les pouffiasses en bottes moches et cuirs sombres que Franck rêve de trousser tout contre le comptoir ? Gunter picole un peu plus, s’enfile un nouveau petit verre de vodka, sec. La condensation formée à la surface extérieure du verre garde la trace de ses doigts. Je hausse un peu les épaules et évite de justesse la bourrade qu’il s’apprête à me donner. Ce gros Allemand est plus grand, plus fort que moi. Il pèse bien dix ou quinze kilos de plus que moi. Il rugit à la serveuse, par-dessus le Funeral de Arcade Fire, il veut une autre tournée de vodka, pour lui, pour moi, pour Franck qui raconte Cesare Pavese, deux cigarettes allumées dans la main, va savoir, à une jolie nippone qui n’entrave que la moitié de ses paroles, mais les boit malgré tout. De toute évidence, les techniques de Franck sont à revoir, à éviter, la jeune et jolie nippone s’emmerde et sourit, cherche du regard quelqu’un ou quelque chose pour se dégager de l’importun Franck. Le sourire de façade et menteur formidable. Dans quelques minutes, c’est évident, il parlera la tête un peu penchée sur le côté, avec son air de chien battu exécrable ; de Michaux, des poussières de sable pourquoi pas et déclamera-t-il à peu près Bonheur bête. Il n’a pas de… Pas de. Gunter et moi nous marrons un petit peu de regarder Franck se démener tant et plus, il sue presque. Je raconte à Gunter la collection de photographies de pantalons transparents et de queues baisantes en live qu’il s’acharne à coller aux murs de son appartement. Franck, dis-je, est quelque chose comme un peu pervers non ? Gunter s’en tape, comme toujours. Gunter se cogne un peu de tout, à l’exception des ballades parisiennes qu’il propose aux jolies bourgeoises exotiques et qui lui permettent de s’enfiler ses vodkas. Gunter est un dilettante accompli. Il n’aspire dit-il, qu’à doucement continuer de mourir et pour l’instant à pisser. Il zigzague le long du comptoir, s’arrête un instant à la table de Franck et lui murmure qu’il devrait essayer ça aime-moi moins mais aime moi longtemps, le genre de phrases très connes à les faire tomber comme des mouches les petites putes, non ? Puis tu pourrais continuer avec Léautaud, parler de la jolie rue Monsieur-le-Prince où il vécut longtemps, et du chiqué, de la fausse grandeur, de la fausse profondeur, comme il dit, de Rimbaud et de son Bateau-Ivre. Quatre-vingt sept euros plus tard que Gunter lâche sans sourciller nous laissons-là Franck. A conserver au revoir CARTE BANCAIREEMV LE Cannibale café 75011 Paris A0000000421010 CB Le 15/06/07 A 01 :38 :35 LE cannibale café 75011 Paris 2312122 ??????376753601 ? F66C4D3E6ABE9C1B 002 000041 C Montant : 87 EUR Debit TICKET CLIENT A conserver au revoir. Brisons-là, il serait temps d’aller baiser, non ?

Photographie A. Titarenko -

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